Politique nationale de lutte à l’itinérance : une politique qui ne tient pas encore la route après trois ans

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Crédit photo : Edgar Villamarin Bautista

Trois ans après que le gouvernement du Québec eut adopté sa politique nationale de lutte à l’itinérance intitulée Ensemble pour éviter la rue et en sortir , les résultats concrets de ce document stratégique se font toujours attendre. Si ce document stratégique était signe d’espoir lors de a mise en oeuvre en 2015, plusieurs organismes communautaires, dont notamment le comité itinérance du Groupe Action Solutions pauvreté ( GASP) de la Haute-Yamaska, dressent un bilan plutôt fade de celui-ci, trois ans après son implantation.

«Nous, on y croit beaucoup à cette politique puis qu’on voyait que le gouvernement avait inclus certaines nouvelles préoccupations comme la judiciarisation par exemple. Mais force d’admettre que trois ans plus tard, c’est demeuré davantage de belles intentions que de résultats concrets, mais les moyens et les ressources se font encore attendre » a souligné le coordonnateur du GASP, Nicolas Luppens.

Des résultats qui se font attendre

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Si la politique promettait des travaux régionaux intéressants lors de son adoption, comme la création de comités stratégique, les moyens financiers ne sont clairement pas au rendez-vous ce qui soulève certaines inquiétudes de la part du GASP puisque les causes structurelles de l’itinérance, telles que l’accès à un logement et l’obtention d’un revenu décent, ne peuvent pas être résolues adéquatement. Une situation d’autant plus alarmante puisque certaines incohérences dans les décisions prises par le gouvernement mettent encore plus à risque d’itinérance certaines personnes plus vulnérables.

Un manque de cohérence dans les décisions

Alors que la demande est encore bien tangible en ce qui concerne les logements sociaux, l’administration gouvernementale a plutôt coupé dans le financement pour les logements sociaux lors des deux dernières années avant de revenir au même niveau d’avant les coupures. Juste en Haute-Yamaska, la construction de 300 logements serait nécessaire pour combler la demande. « On aimerait bien que le projet de logements sur la rue St-Jacques puisse se réaliser, car on aurait 96 logements de plus, soit le tiers des besoins, mais un financement pour seulement 3000 logements sociaux pour tout le Québec, nos chances de l’obtenir sont plutôt minces, car dans des cas, ces sommes sont utilisées pour des projets en milieu urbain ou les besoins sont souvent plus complexes qu’ici », a souligné M. Luppens.

Les nouvelles concernant l’accès à un revenu n’est guère plus reluisantes puisque non seulement le montant alloué dans le cadre de l’aide de dernier recours n’a pas été rehaussé de manière considérable, mais le projet de loi 25 risque de rendre l’accès à cette aide plus complexe que jamais pour certaines personnes plus vulnérables.

Si certaines mesures sur le plan régional ont donné des résultats plutôt encourageants, la solution réside sans aucun doute par des interventions plus musclées de l’administration gouvernementale. À titre d’exemple, le dernier budget provincial prévoit l’injection d’un million supplémentaire pour la lutte contre l’itinérance dans l’ensemble du Québec alors que ça prendrait 1,4 million pour combler les cinq besoins prioritaires en Haute-Yamaska.

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À propos Jonathan Archambault

Jonathan Archambault
Diplômé de l'université Laval en journalisme, Il a travaillé pour plusieurs médias depuis sa sortie de l'université. Il a notamment collaboré avec InfoSuroit et Média Sud, deux médias électroniques en tant que journaliste. Il a également plusieurs conseils municipaux dont notamment ceux de Granby, Bromont, Waterloo, Boucherville et Brossard.

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